Dans la salle, les voix s’élèvent doucement. Au début, hésitantes. Puis, peu à peu, plus assurées. Les respirations s’unissent. Les regards se croisent. Quelque chose s’apaise.
Ici, il n’est pas question de performance. Il est question de se retrouver.
Même après la rémission de leur cancer, plusieurs personnes continuent de vivre avec des séquelles bien réelles. Pertes de mémoire, difficultés de concentration, impression troublante de ne plus tout à fait se reconnaître.
Dre Catherine Prady, Oncologue et cogestionnaire médicale du Centre intégré de cancérologie de la Montérégie
Une approche qui inspire
Cette expérience musicale est à l’origine d’un projet de recherche à la croisée de la médecine et des arts. Elle s’inscrit pleinement dans le rôle universitaire de l’Hôpital Charles-Le Moyne qui est affilié à l’Université de Sherbrooke.
Déjà, l’initiative suscite beaucoup d’intérêt… et pourrait se déployer encore davantage dans les prochaines années, grâce à vous.
À l’Hôpital Charles-Le Moyne, où se trouve le Centre intégré de cancérologie de la Montérégie, l’équipe de cancérologie croit qu’au-delà des traitements, il est possible d’accompagner autrement. Comment? En misant sur le lien, l’expression et le pouvoir humain de la musique et de la communauté.
C’est ce que la professeure Dominique Tremblay, chercheure au CRCLM, et son équipe s’emploient à démontrer à travers un projet de recherche qui a vu le jour grâce à vos dons.
Et si le chant choral pouvait offrir un mieux-être, là où il n’existe pas de médicaments?
Chaque semaine, un petit groupe de patientes se réunit autour d’un piano, accompagné par une professionnelle du chant. Dans un cadre bienveillant, elles explorent leur voix, à leur rythme.
Cette « prescription musicale », développée en collaboration avec l’Opéra de Montréal, unit science et art pour accompagner autrement l’après-cancer. Une période marquée par une reconstruction à la fois physique, cognitive et émotionnelle.
Dans le groupe, les participantes arrivent peu à peu à se relâcher. Pour certaines, c’est la première fois depuis longtemps qu’elles se reconnectent à elles-mêmes.
« Cet effet secondaire, de la brume dans les idées, est quand même assez dur à vivre. Le chant choral me fait sentir bien. »
« J’y allais pour le plaisir, mais c’est très différent. Je vis de la joie. C’est beaucoup plus profond. »
« Je vois vraiment un effet à court terme. Quand je sors de là, je suis vraiment bien. Je me sens apaisée et heureuse. J’arrive souvent fatiguée… et je repars énergisée. »
Extrait audio
Écoutez un moment capté au cœur d’un atelier de chant choral. Un instant authentique, partagé avec délicatesse, sans caméra, pour préserver cet espace de répit essentiel.
Dans cet espace collectif, sans pression de performance, une communauté se crée. Les participantes partagent, se comprennent et avancent ensemble.
Vous avez ouvert la voie à une nouvelle façon d’accompagner les patientes après un cancer. Grâce à vous, des femmes ont renoué avec leur voix. Grâce à vous, elles ont redécouvert un espace pour respirer, se reconnecter et avancer à leur rythme.
Vous avez offert qu’un projet.
Vous offrez un moment d’apaisement. Un espace pour se recentrer. Un chemin vers un mieux-être.
Exprimer ce que l’on ressent
Ce dessin a été réalisé par une participante du projet.
Elle y représente ce qu’elle décrit comme un « brouillard cérébral »: une sensation de confusion, de perte de repères. Quand les pensées deviennent floues, difficiles à saisir.
Grâce au chant choral, grâce à vous, elle a retrouvé peu à peu de la clarté.